Le Comité de l’Union Nationale des Officiers de Complément reçu par le conseil municipal de Paris

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Le document présent est une photo datant du 23 février 1923, prise par l'agence de presse Meurisse, à la municipalité de Paris. Sur cette photo on peut voir un certains nombres de personnes, notamment le président du Conseil municipal de Paris Mr Louis Peuch, le directeur du cabinet du préfet de la Seine Mr Roche, le représentant du préfet de Paris Mr Moutardier ainsi que le président de l’UNOC, l’Union Nationale des Officiers de Complément, André Lefevre qui fut en 1920 ministre de la guerre sous le gouvernement d’Alexandre Millerand et qui est le deuxième président de l’UNOC après Raymond Poincaré qui fut président de la République de 1913 à 1920. Il est accompagné des vice-présidents de l’association dont par exemple le commandant Bruchon qui est aussi le président de l’Association des Officiers de Complément de Lyon et de sa région (aujourd’hui AORL), ou encore le commandant Boitelle de Lille, … On sait aussi, grâce au bulletin municipal de la ville de Paris, qu’il y avait à cette réunion des représentants de différentes armées alliées à la France comme le commandant Ezio Gioja pour l’Italie ou encore le Capitaine Dudley Taylor de l’armée anglaise.

Cette photo est prise à l’occasion de la présentation de la « Fédération nationale des officiers de compléments » à la municipalité de Paris. Dans son discours Lefevre présente ses membres comme « des bons citoyens et des hommes solides » mais aussi comme le lien entre le domaine du civil et celui du militaire, en effet les officiers de réserve sont des personnes qui exercent une profession civile mais qui ont aussi une formation de militaire, à travers des exercices militaires réalisés dans les différentes écoles de perfectionnement mais aussi à travers des conférences qui leurs permettent d’être au courant des derniers progrès militaire dans différents domaines comme l’artillerie, l’aviation, la logistique, … mais ces conférences peuvent aussi porter sur les  différentes opérations menés par les troupes de l’active dans tel ou tel partie du globe. Ces hommes sont ainsi prêts, physiquement et moralement, à incorporer les rangs de l’active à tout moment et cela dans le but de défendre leur patrie.

Ces hommes pour être plus efficaces, se réunissent dans des associations qui peuvent être locales, régionales ou encore créées par arme (infanterie, cavalerie, …). Ces associations ont pour but de forger un esprit de camaraderie entre les hommes ainsi que d’uniformiser les entrainements de ces soldats réservistes. Mais pour beaucoup cela ne suffit pas, il faut un organe national pour pouvoir promouvoir et défendre les intérêts des officiers de complément dans toute la France.

C’est ainsi que nait l’UNOC, l’Union Nationale des Officiers de Complément, aujourd’hui l’UNOR (Union National des Officiers de Réserve). Cette union est créé en 1921 et est déclarée comme association le 23 mai 1922. L’UNOC a pour but, comme toutes les autres associations d’officiers de réserve en France, de promouvoir la réserve et de participer au devoir de mémoire. Mais elle possède plus d’influence que les autres associations car en effet celles-ci se sont unies pour créer l’UNOC, et par exemple en mai 1923 sur 169 associations d’officiers de réserve en France 148 sont affilées à celle-ci, ce qui correspond à environ 60 000 personnes, ainsi l’UNOC devient le véritable intermédiaire entre le pouvoir et les officiers de compléments.

L’UNOC a donc beaucoup de poids et grâce à cette « union » des associations des officiers de Compléments, l’UNOC fait parvenir les vœux des officiers de réserve qu’elle représente au ministère de la Guerre. Ces vœux remontent aussi haut grâce aux différents Congrès de l’association qui ont lieu une fois par an et qui chaque année changent de lieu ainsi par exemple en 1922 le congrès a lieu à Versailles mais en 1923, le congrès de l’UNOC a lieu à Verdun. Grâce à ces Congrès, les officiers de réserves ont par exemple réussi à obtenir des avantages financiers comme l’augmentation de la solde lors des stages en école de perfectionnement, la gratuité des train.

Cette association connait un âge d’or avant la Seconde Guerre Mondiale, en 1939 elle comptait plus de 100 000 membres et peu de temps après la Guerre d’Algérie en 1967, l’UNOC est « reconnu d’utilité publique ». Cette union existe toujours aujourd’hui mais elle a moins de pouvoir, en effet elle ne fédère plus que 22 000 membres, mais elle reste un interlocuteur privilégié de l’état-major des armées.

 

Bibliographie

  • "Bulletin mensuel de l'Association des Officiers de Réserve de Lyon," Janvier 1922, vol 11 Lyon, .
  • "Bulletin mensuel de l'Association des Officiers de Réserve de Lyon," Mai 1923, vol 24 Lyon, .
  • "Bulletin Municipal Officiel de la Ville de Paris," 18 mars 1923, vol 76 Paris, .
  • "UNOR", http://www.unor-reserves.fr/.