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	                        <title>Flux RSS Atelier numérique de 'histoire</title>
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<item><title><![CDATA[Commentaire d’archives - Henry Olivari]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/336</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19160506-19181111">Mai 6, 1916 au Novembre 11, 1918</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/511">Moscou, Moscou</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/341">Ministère de la guerre, Paris</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/621">Russie</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/243">Première guerre mondiale</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/954">Espionnage</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/955">Radio</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/956">Cryptographie</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Ces mémoires furent rédigées par Henry Olivari, chef adjoint de la mission du Chiffre, au Grand Quartier Général (GQG) de l’Etat-major des Armées (EMA) françaises pendant la Première guerre mondiale. Il fut envoyé en Russie, sous les ordres du général Janin, lequel reçoit en mai 1916 le commandement de la mission militaire française à Moscou ; il est en outre nommé, le 24 aout 1918, commandant en chef des forces alliées en Russie, où il fut engagé pour « établir des liens plus étroits avec l’Etat-major russe », tandis qu’Olivari, chef adjoint de la section du chiffre, reçoit l’ordre, pour le moins vague, d’« enseigner aux Russes certaines méthodes » (p.36).</p>
<p>Ces dernières prennent places dans un contexte de collaboration entre les pays alliés de l’Entente face aux forces de la Triplice, ici entre la France et la Russie et concernant la question du renseignement. Or, l’espionnage peut prendre différentes formes et les archives que nous avons pu jusqu’alors consulter nous le montrent : espionnage de terrain, <em>via</em> l’envoi en mission d’agents secrets ; utilisation de clandestins infiltrés en territoire ennemis (2) en s’introduisant dans des cercles d’influence. Ici, Olivari nous permet d’appréhender une autre utilisation du renseignement, celle des écoutes et des transmissions, dont la guerre de 1914-1918 vit le développement exponentiel. Ce type d’espionnage, fondé sur la téléphonie sans fil (TSF) et plus particulièrement la TSF mobile (3), prend le relai de la télégraphie militaire, certes pratique pour communiquer d’un point à un autre, mais dépendante du redoutable obstacle de la présence de lignes télégraphiques. La TSF, quant à elle, se contente de la construction de postes d’écoutes permettant l’installation d’une radio portant à environ 100/150 km au début de la guerre. Il est en outre intéressant de noter que ces stations peuvent être aussi bien fixes que mobiles, donnant de ce fait une autonomie plus grandes aux unités dans leurs déplacements, tout en leur garantissant un certain lien avec l’Etat-major à l’arrière, mais permettant également l’implantation fixe de réseau dans des zones sensibles, ou bien de sillonner le front, au gré des priorités, à l’aide d’un réseau mobile. Il devient de ce fait possible d’écouter les conversations de l’armée d’en face, pour peu qu’elles soient situées dans le rayon de la radio. Il s’agit là de la partie interception du message. A ce moment seulement interviennent les autres  parties du travail du cryptologue, à savoir le décryptage et l’exploitation. En effet, parfaitement conscient des efforts déployés par l’ennemi pour intercepter ses communications, des codes sont utilisés par tous les Etats-major, d’où la nécessité du travail des « briseurs de codes » (4).</p>
<p> </p>
<p>Or, il se trouve que la Russie occupe une place de choix dans cette stratégie des écoutes françaises, puisqu’au titre de pays allié de l’Hexagone, cette dernière voit, en 1910, le lancement du réseau stratégique France-Russie, dotée, en 1914, de trois lignes.</p>
<p>En outre, la France voit dans la Russie un allié important pendant la grande guerre, car il permet de détourner une partie des armées du Reich des frontières françaises. De ce point de vue, le GQG de Chantilly a tout intérêt à développer les relations avec la Stavka (5) et c’est ce qu’il fait, en particulier par l’envoi de missions militaires françaises en Russie, à Moscou et à Petrograd principalement, missions à l’une desquelles appartient justement Henry Olivari. Ce dernier donc, spécialiste des questions de cryptologie, ancien polytechnicien (6), prend le relai du lieutenant-colonel Wehrlin et s’attache à doter l’armée russe d’un système d’écoutes suffisamment abouti pour lui permettre de prendre l’ascendant sur son ennemi allemand, sur le front ouest de l’empire du Tsar. L’Etat-major français se fonde donc, en envoyant Olivari, sur ses qualités de cryptologue, mais également sur sa connaissance du système français de renseignement et, plus particulièrement sur sa connaissance de la Section du chiffre. Cette dernière, officiellement créée sous le nom de Commission de cryptographie militaire en 1894, appartient au Ministère de la Guerre, bien que ce dernier ne soit pas le seul à utiliser cette méthode. En effet, la Marine, l’Intérieur et les Affaires étrangères possèdent, eux aussi, des sections spécialistes du décodage, la plus célèbre étant sans doute le « cabinet noir » du Quai d’Orsay. L’Intérieur, quant à lui, dispose, à partir de 1907 d’une section photographique, laquelle appartient à la Sûreté Générale (SG), section photographique qui étend son domaine de compétences à l’écoute des communications et au cassage des codes. Le lieutenant-colonel Olivari appartient, en ce qui le concerne, en tant que militaire, à la Section de Renseignement (SR), dépendante du Ministère de la Guerre, SR qui s’occupe exclusivement de l’espionnage, c’est-à-dire opère à l’étranger (7) et dépend du 2e bureau, qui a pour mission le recueil et l’exploitation du renseignement et qui, pendant la guerre, se trouve sous les ordres du colonel Dupont (8).</p>
<p> </p>
<p>Il est à noter que Olivari déplore, tout au long de ses mémoires une absence d’engagement total de Paris vis-à-vis de la Russie et de son développement militaire, incluant donc le domaine du renseignement. Il commence ainsi en regrettant « l’absence de collaboration avec nos alliés (qui) crevait les yeux » (p.18) et achève son travail avec une vision désabusée, estimant que le GQG français ne l’a finalement guère soutenu dans son travail en Russie. Il reste toutefois que ces quelques lignes nous permettent d’envisager les objectifs du GQG français quant à la Russie et la volonté de mise en oeuvre d’une politique de collaboration en matière d’espionnage, que ce soit par l’envoi en mission en Russie de militaires français, spécialistes de cette question, ou bien, à l’exemple du colonel Ignatieff, par l’accueil, en France, de responsables des renseignements russes et l’aide apportée à ces derniers, dans la création de réseaux ou dans le partage de renseignement.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>1 Lieutenant-colonel Wehrlin, attaché militaire adjoint à la mission française conduite par le général de Laguiche, mission relevée par celle dirigée par le général Janin et à laquelle appartient donc Olivari.</p>
<p>2 Le colonel comte Ignatieff, envoyé à Paris pour y créer un réseau d’espionnage à destination de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, illustre tout particulièrement cette dimension. Cf Ignatieff Paul, <em>Ma mission en France, mémoires de guerre secrète</em>, Editions du Masque, Paris, 1933.</p>
<p>3 TSF mobiles qui apparaissent pour la première fois en 1905, suite à l’invention de la TSF - traduction littérale de l’anglais Wireless Telegraphy, dont le premier brevet d’invention fut déposé en 1896, par un Italien travaillant en Grande-Bretagne, un certain Marconi.</p>
<p>4 Delhez Jean-Claude, <em>La France espionne le monde (1914-1919),</em> les exploits des briseurs de codes, Economica, Paris, 2014, p.8</p>
<p>5 le GQG russe, qui, pour le front ouest, était alors établie dans la ville de Minsk</p>
<p>6 Le renseignement français puisait alors principalement dans deux viviers de recrutement : l’Ecole Polytechnique et les linguistes (dont, d’ailleurs bon nombre de normaliens - voir pour cela Bourlet Michaël, « Des normaliens dans les services de renseignement du ministère de la guerre (1914-1918) », <em>Revue historique des armées</em>, no 247, 2007, p. 31-41.</p>
<p>7 On retrouve là le binôme espionnage/contre-espionnage, SR/SG.</p>
<p>8 Cf Dupont Charles, <em>Mémoires du chef des services secrets de la Grande guerre</em>, Histoire et Collections, Paris, 2014.</p>
<p> </p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[L'installation de l'Opéra à Lyon en 1687]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/334</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/16870917">Septembre 17, 1687</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/510">Salle de la rue Pizay, Lyon</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/384">Histoire urbaine</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/111">Lyon</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/5">Académie de Lyon</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/951">Histoire de la musique</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/564">Musique</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Lyon est l'une des premières scènes lyriques en France, et ouvre ses portes à la fin du XVIIe siècle. Grâce à l'obtention de l'autorisation d'établir une Académie de Musique en 1687, dont les conditions sont spécifiées dans ce "traité pour l'Opéra de Lyon", les premières représentations ont lieu en 1688. Elles ne se tiennent toutefois pas sur la scène actuelle de l'Opéra, qui ne fut construite sur l'emplacement de la salle du Jeu de paume de la salle des Terraux en 1756. En 1685, Pierre Gauthier avait lui aussi réussi à obtenir du Surintendant de la musique du Roi le droit d'ouvrir un théâtre à Marseille, sur le modèle de ceux qui prospéraient en Italie et depuis 1669 à Paris. C'est donc lors de cette première vague fondatrice d'établissements musicaux en France que l'actuelle institution de l'Opéra de Lyon voit le jour.</p>
<p><br /><br /></p>
<p>Ce document, conservé aux Archives Nationales, nous montre à partir de quoi s'est développé le plus important des pôles musicaux du Royaume de France du XVIIIe siècle. Daniel Roche s'emploie en effet à souligner la spécificité de l'Académie de Lyon parmi celles qui constituent le réseau français. Les Académies étaient les lieux principaux de sociabilité et de réunion des élites locales urbaines. Elles avaient vocation à réunir les notables afin de discuter de questions savantes (dernières avancées et découvertes en physique, en astronomie ou en sciences naturelles), de savoirs techniques nouveaux, mais aussi de sujets artistiques, philosophiques et littéraires. Si l'objectif était de contribuer à la diffusion du savoir des Lumières, ces réunions participaient aussi à la constitution d'un entre-soi de ces élites de Province. À Lyon se tenaient des concerts privés au début des séances, montrant la vocation toute particulière de la ville à accueillir des instances musicales, et à développer au cours du XVIIIe siècle une intense vie culturelle centrée autour de la scène lyrique.</p>
<p><br /><br /></p>
<p>Il était en effet impossible, à la fin du XVIIe siècle, que de grandes compagnies de musiciens puissent s'installer de façon permanente dans un théâtre. Un système de privilège royal réglementait ces établissements, puisque l'exclusivité d'en exploiter un à Paris avait été concédée à Pierre Perrin et Robert Cambert en 1669, avant d'être racheté par Lully en 1672. Ce privilège donnait à celui qui le possédait le monopole sur l'écriture, la composition et la diffusion des livrets d'opéras, et ce dans tout le Royaume de France.</p>
<p>Beaucoup de musicologues ont ainsi considéré que la période de la fin du XVIIe siècle était hantée par le "spectre de Lully", puisque ses oeuvres étaient obligatoirement représentées dans tous les concerts publics, sous peine d'amende. C'est aussi de cette façon que l'on peut expliquer la lente pénétration de la musique italienne en France, puisque Lully et après lui ses héritiers s'adonnèrent à proscrire tout livret écrit en langue étrangère, privilégiant <em>de facto</em> la langue française. Le XVIIIe siècle et ses querelles du goût opposèrent ainsi les partisans de la musique française à ceux qui soutenaient l'arrivée de la musique italienne en France. La querelle des Bouffons (1752-1754) ou encore celle des Gluckistes et des Piccinistes ( 1776-1778) témoignent de l'influence durable de la musique française</p>
<p><br /><br /></p>
<p>Le document qui cède à Jean Pierre Leguay des droits sur le privilège de Lully pour l'exercer uniquement dans la ville de Lyon permet de comprendre les logiques très centralisatrices qui sont à l'oeuvre dans le domaine musical, et qui expliquent la lente diffusion des scènes en France, ainsi que la pénétration complexe de la musique italienne dans le Royaume.</p>
<p>Le document se décompose en effet en deux parties ; dans la première, on voit tout de suite l'importance de Lully, décédé six mois plus tôt le 22 mars 1687, et représenté à la fois par sa veuve Madeleine Lambert et son gendre Nicolas de Francine qui continuent à exploiter son privilège. Les clauses de 1672 sont réitérées (monopole de la production dans des théâtre, autorisation personnelle d'ouvrir des écoles de musique dans Paris, impression des livrets réservée aux successeurs du compositeur Florentin) avant qu'en soient déléguée une partie à Leguay.</p>
<p>Dans la seconde partie, Jean-Pierre Leguay reçoit ensuite l'autorisation expresse "d'establir une académie de musique dans la ville de Lyon seulement composée de tel nombre et qualité de personne que le Sieur Leguay advisera pour faire en ladite ville de Lyon la représentation tant des Opéra composés par ledit deffunt Lully que de ceux qui seront composés de l'ordre desquels bailleurs pour les représenter en cette ville". Les premières représentations données consacrent en effet les oeuvres de Jean-Baptiste Lully, avec les reprises du <em>Phaëton</em>, de <em>Bellérophon</em> et la création d'<em>Armide</em> pour les années 1688 et 1689.</p>
<p>Le traité comporte ensuite les clauses financières que vaut une telle cession de privilège, dans une partie que nous n'avons pas retranscrite, car incomplète : deux mille livres par ans sont ainsi versées aux héritier de Lully par Legay et ses associés. L'Académie de Musique fonctionne en effet grâce à plusieurs postes : Philippe de la Croix est ainsi le "maistre de musique" tandis que Thomas Almaury est un "marchand libraire" qui édite les livrets. L'usage du privilège est donc partagé pour assurer le fonctionnement administratif et artistique de la nouvelle académie.</p>
<p><br /><br /></p>
<p>C'est ainsi que Leguay assura l'exploitation du privilège de la fondation de l'opéra à Lyon de façon discontinue de 1687 à 1722, tantôt en dirigeant lui même l'Académie de Musique, tantôt en la confiant à d'autres associés.</p>
<p><br /><br /></p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[Les voeux du Capitaine Sankara à Ronald Reagan et Andrei Gromyko]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/330</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19850705">July 5, 1985</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/502">Palais Koulouba, Ouagadougou</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/487">Guerre froide</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/934">Néocolonialisme</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/935">Thomas Sankara</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/936">Burkina Faso</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/937">Non-alignement</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p><br />Ce document, conservé aux archives diplomatiques à la Courneuve, est un extrait du 922<sup>ème</sup> bulletin quotidien du Conseil de la Révolution Burkinabè publié le 5 Juillet 1985. Il transcrit deux messages de félicitations destinés par Thomas Sankara, le Président du Burkina Faso, à Ronald Reagan, Président des Etats-Unis d’Amérique et à Andreï Gromyko, nouveau Président du Soviet Suprême de l’URSS.</p>
<p><br /><br /></p>
<p>Tirant avantage de la concomitance de la fête nationale américaine et de l’arrivée au pouvoir d’Andreï Gromyko en URSS, le gouvernement Burkinabè affiche son non-alignement par l’adresse de ses vœux aux deux superpuissances de la Guerre Froide.</p>
<p>La « Révolution » menée par le Capitaine après son accession au pouvoir par un coup d’Etat militaire en 1983, nécessite, en effet, une révision de la politique extérieure menée jusqu’alors en Haute-Volta (ancien nom du Burkina Faso). Il reproche à l’ancien Président Jean-Baptiste Ouédraogo de s’être soumis aux intérêts néocoloniaux de la France et à « l’impérialisme »<sup>(1)</sup>, présenté comme le grand ennemi des anciens peuples colonisés. Cet Impérialisme désigne la domination que continuent à exercer les anciennes puissances coloniales sous la forme du néo-colonialisme. Mais l’Impérialisme s’incarne aussi selon Sankara dans la mondialisation économique et dans les institutions financières internationales. Comme beaucoup de leaders Tiers-mondistes, il accuse le FMI d’imposer des règles néfastes au développement des pays du Sud et refuse le prêt proposé au Burkina Faso à cause de ses conditions.</p>
<p>Dans ce contexte Sankara devrait alors naturellement accorder sa sympathie à l’URSS, d’autant plus que s’il ne se revendique pas comme communiste, sa pensée est bien influencée par le marxisme. Cependant il s’inscrit bien dans le mouvement Tiers-Mondiste et garde ses distances par rapport au géant soviétique. Son non-alignement se traduit par un refus de l’aide alimentaire proposée par l’URSS qu’il juge « négligeable », au profit d’une lutte pour l’auto-suffisante alimentaire<sup>(2)</sup>.</p>
<p>Le gouvernement Burkinabè profite de ces vœux non seulement pour exhiber son non-alignement mais aussi pour solliciter le soutien des deux géants. En effet, devenus superpuissances après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis et l’URSS organisent le nouveau monde et s’attaquent aux Empires coloniaux, dernières traces de l’ancien système. Cette confrontation inéquitable s’illustre parfaitement dans la résolution de la crise du canal de Suez. Alors que la France et la Grande-Bretagne espèrent dans un dernier sursaut conserver leur souveraineté sur une zone stratégique héritée de la colonisation, les Etats-Unis et l’URSS menacent d’employer l’arme nucléaire s’ils ne retirent pas leurs troupes. Sankara rappelle ainsi les deux grandes puissances à leur rôle messianique de défenseurs des peuples opprimés.</p>
<p>Cette mission que se donnent les Etats-Unis et l’URSS s’appuie bien entendu sur des fondements idéologiques différents. L’opposition de l’URSS à la colonisation est ancienne puisqu’elle est formalisée pour la première fois lors du Premier congrès des peuples d’Orient à Bakou en 1921. Elle s’inscrit naturellement dans sa doctrine anti-impérialiste.</p>
<p>L’anticolonialisme des Etats-Unis s’appuie sur les racines mêmes de l’ancienne colonie britannique constituée comme Nation par son indépendance. Il est cependant plus ambigu puisque les EU deviennent eux-mêmes une puissance coloniale par l’appropriation des Philippines soutiennent les décolonisations sous réserve qu’elles ne donnent pas naissance à un régime communiste.</p>
<p>Le ton avec lequel le Capitaine s’adresse aux deux géants reste respectueux voir cordial, contrairement à l’expression vite provocatrice employée avec l’ancienne puissance coloniale. En témoigne une lettre destinée au Président Mitterrand qui se conclut par les formules de politesse suivantes (« Je vous prie révolutionnairement, Monsieur le Président, de bien vouloir agréer, l’expression de mes vœux Anti-Impérialistes et Antiracistes »).</p>
<p>En comparant le ton employé dans les deux messages, on remarque les limites du non-alignement du gouvernement Burkinabè. Si elle ne se traduit pas nécessairement par des actes, la sympathie qu’a Thomas Sankara pour l’URSS transparaît. Cette subtile différence de traitement s’explique bien par une plus grande affinité idéologique, qui autorise Sankara à conclure sa lettre à Gromyko par la devise du Burkina Faso « La Patrie ou la mort nous vaincrons », ce qu’il ne se permet pas avec Reagan.</p>
<p>Cette double lettre n’est donc pas univoquement une exhibition du non-alignement du gouvernement Burkinabè, elle en montre également les limites et les contradictions. Elle est également un rappel au rôle de défenseurs des peuples colonisés que se sont donnés les Etats-Unis et l’URSS mais qui se traduit rarement par des actes.</p>
<p><br /><br /></p>
<p><br /><br /></p>
<p><br /><br /></p>
<p>(1) THOMAS SANKARA, <em>Nous sommes les héritiers des révolutions du monde : discours de la Révolution au Burkina Faso 1983-1987,</em> Brochure, Livres Pathfinders, 2009, p 32.</p>
<p><br /><br /></p>
<p>(2) BRUNO JAFFRE,<em> Les années Sankara, de la révolution à la rectification,</em> Paris, L’Harmattan, 1992, p167.</p>
<p><br /><br /><br /></p>
<p> </p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[Témoignages de déportés de retour des camps de concentration en mai 1945 : article de presse conservé au sein du fonds du Mémorial de l’oppression]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/326</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19450530">Mai 30, 1945</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/507">Matthausen, Matthausen</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/506">Buchenwald, Buchenwald</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/498">Direction de l'hebdomadaire Concorde, Lyon</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/921">Article de presse</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/922">Concorde</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/914">Mémorial de l'oppression</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/651">Mémoire</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/916">Génocide des Juifs</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/915">Déporté</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/917">Camp de concentration</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/918">Buchenwald</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/477">Seconde Guerre Mondiale</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/919">Mauthausen</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/920">Hôtel Lutétia</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/668">Témoignage</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/923">François-Jean Armorin</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/924">Archives départementales</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Les historiens ont longtemps pensé que les personnes ayant survécu à leur arrestation puis déportation lors de la Seconde Guerre mondiale s’étaient tues à leur retour et qu’elles n’avaient pu raconter ce qui leur était arrivé que des décennies plus tard. Ainsi l’écrit le déporté Pierre Daix : « Personne en 1945 ne parlait de l’Holocauste. Ni même ne se le figurait »[1]. Du moins, si certains avaient tout de suite réussi à parler, leur parole n’avait pas été entendue avant les années 1980. On affirmait que, sous le poids de la culpabilité, les Français avaient occulté le génocide des Juifs pour se focaliser sur les évènements plus glorieux de la Résistance et de la Libération. Or, tout ceci est un mythe, que s’attache à déconstruire François Azouvi dans <em>Le mythe du grand silence : Auschwitz, les Français, la mémoire. </em>L’historien affirme que, dès les premiers mois suivant la Libération, la presse française publie des témoignages de déportés et révèle l’horreur des camps de concentration et d’extermination.[2] L’article « Hotel Lutetia ou les récits du Brouillard et de la Nuit », de François-Jean Armorin, en est un exemple remarquable[3].</p>
<p>Cet article paraît en première et deuxième pages du journal <em>Concorde</em> le 30 mai 1945. <em>Concorde</em>, sous-titré <em>Hebdomadaire républicain, politique et littéraire</em>, est un périodique lyonnais dirigé par Xavier Brun et André Pascal. Il fait partie de ces journaux créés à la suite de la Libération et paraît entre 1944 et 1947. François-Jean Armorin, correspondant de guerre côtoyant les Forces françaises de l’intérieur, publie sous l’Occupation des articles dans des journaux clandestins tels que <em>Franc-tireur</em>. Après la Guerre, il s’intéresse au sort des déportés et se rend au Lutétia-Hôtel pour en rencontrer certains.</p>
<p>L’hôtel Lutétia est un établissement de luxe situé à Paris. Réquisitionné par les Allemands en 1940, il devient à la Libération un lieu d’accueil des déportés à leur retour des camps. François-Jean Armorin raconte dans son article la sidération de ces hommes et ces femmes qu’il nomme « revenants »[4]. Il décrit leur corps maladif, leur visage émacié, leur regard dont il ne peut se détacher et le contraste entre un hôtel luxueux et ces déportés dans leur pyjama rayé. Il laisse ensuite place au témoignage de deux femmes, Wanda et Arlette (aussi appelée Andrée). Elles racontent la vie au camp de Buchenwald, au sein du kommando Markkleeberg (orthographié Marckleberg dans l’article), la marche vers la mort après l’évacuation du camp, leur fuite, la rencontre avec des Français puis avec les Américains et la folie qui s’empare d’elles face aux Allemands. Le besoin de se venger, présent chez ces deux femmes, l’est aussi chez un groupe d’hommes déportés qui décrivent ensuite quelques moments de leur vie à Mauthausen (orthographié Mathausen dans l’article). Dans son reportage, François-Jean Armorin s’interroge sur son rôle de journaliste et comprend déjà que, face à l’horreur telle qu’on a peine à l’imaginer, certains refuseront de croire. C’est pourquoi il est vital de conserver cet article comme un témoignage des atrocités commises durant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>L’article de François-Jean Armorin fait ainsi partie des documents collectés pour enrichir le fonds du service du Mémorial de l’oppression. Ce service, dirigé par le professeur de médecine Pierre Mazel, est créé en septembre 1944 selon le souhait d’Yves Farge, alors commissaire de la République pour la région Rhône-Alpes. Son ambition est de recenser les atrocités commises par l’occupant allemand dans la région. Il en résulte un dossier d’une grande richesse, présentant par commune l’ensemble des documents témoignant des crimes de guerre. Des articles de presse, des correspondances, des cartes, des rapports de police et des enquêtes apportent des renseignements d’ordre plus général sur les agissements nazis. La pertinence des archives récoltées est telle que le fonds est réquisitionné en 1983 par le juge Christian Riss pour le procès de Klaus Barbie. Aujourd’hui conservées aux Archives départementales du Rhône, « les archives du Mémorial de l’oppression sont librement communicables et reproductibles »[5]. Elles sont accessibles sous format numérique dans la salle de lecture des Archives et le répertoire est disponible en ligne. En mettant ce fonds à la disposition des chercheurs et des passionnés d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, « les Archives départementales du Rhône jouent […] pleinement leur rôle de transmission de la mémoire. »[6]</p>
<p>[1] Pierre DAIX, <em>Bréviaire pour Mauthausen</em>, Paris, Gallimard, 2005, p. 76.</p>
<p>[2] François AZOUVI, <em>Le mythe du grand silence : Auschwitz, les Français, la mémoire</em>, Paris, Gallimard, 2015, p. 31.</p>
<p>[3] François-Jean ARMORIN, « Hotel Lutetia ou les récits du Brouillard et de la Nuit », <em>Concorde : Hebdomadaire républicain, politique et littéraire</em>, 30 mai 1945, n° 16, p. 1-2.</p>
<p>[4] <em>Ibid.</em>, p. 1.</p>
<p>[5] Archives départementales du Rhône, 3808 W, Fonds du service du Mémorial de l’oppression et de la délégation régionale du Service de recherche de crimes de guerre ennemis (SRCGE), 2003, p. 11.</p>
<p>[6] <em>Ibid.</em>, p. 5.</p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[Ce que la rage nous apprend de la relation au chien au XIXè]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/325</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/18680601-18680630">Juin, 1868 au 1868</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/495">Bellême, Bellême</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/913">Animal de compagnie</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/912">Attachement</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/911">Violence</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/910">Normalisation</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/909">Rage</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/908">Chiens</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Autour des années 1868, un petit garçon, mordu par un chien quelques semaines plus tôt, fut emmené chez une guérisseuse, sans succès. Très agité, il souffrait de la rage, maladie virale incurable transmise à l’homme par la salive et qui impacte le système nerveux[1]. Mentionnée dès le XXIIIè av JC en Mésopotamie, elle est indissociable de cet animal. Leur nombre, multiplié par trois au XIXè, entraîna une peur croissante de la rage. Ce « mal affreux dont la mort est le seul soulagement »[2], d’abord appelé hydrophobie, était un problème alarmant<em>. </em>De nombreux chiens, souvent perdus, apeurés et pouvant par là être agressifs et assimilés par erreur à des chiens enragés, furent tués [3], même si certains furent aussi attachés, les symptômes ne survenant pas tout de suite. Ces réactions renvoient –outre un vrai problème sanitaire- à une période d’évolutions scientifiques, liées à l’hygiénisme, qui dépassèrent la réalité de la maladie[4]. Des restes de supersitions et autres remèdes magiques, décrits par le docteur Jousset de façon assez méprisante[5] sont significatifs de l’impuissance face à la rage, que l’on avait du mal à soulager et que l’on ne pouvait supprimer[6].</p>
<p>Face à cela, on aurait pu s’attendre à une haine des chiens (les loups ayant été massacrés pour la même raison en Angleterre). Pourtant, même si le Docteur Jousset est peut-être un cas particulier, il ne les diabolise pas et leur reconnaît de grandes qualités, alors même que le contexte d’écriture, son destinataire et son métier auraient pu l’amener à avoir un discours plus dur. Le chien, dont la non-responsabilité est mise en avant ‘rendus furieux par les mauvais traitements des polissons’[7], est « un des animaux les plus intéressants »[8]. L’auteur est indissociable de l’évolution de sa société : une mutation de sensibilité et de perception du chien (bien que traditionnellement associé à des valeurs positives) et de l’animal en général, idéalisé et associé à la Nature[9]. Les élites ont voulu protéger l’animal (SPA fondée en 1845 et Loi Grammont en 1850[10] même si la vivisection n’est pas dénoncée par Jousset) de la violence humaine barbare, renvoyant aux ‘basses classes’[11], alors stigmatisées. Le chien enragé a pu être assimilé à cette population, pauvre, qui effrayait, et dont la responsabilité est d’ailleurs suggérée[12] par ceux qui se disent être le miroir de la civilisation, voulant normaliser et canaliser la société. La présence animale, engendrant des nuisances dans ce contexte de nouvelles sensibilités hygiénistes concernait surtout ces chiens vagabonds qui reflétaient cette peur généralisée de la contamination et de l’ensauvagement. Les chiens devant désormais être domiciliés, identifiés, porter un collier et une laisse (nouveauté de la seconde moitité XIXè), furent impactés. Ces animaux autrefois plus libres[13] furent enfermés et allaient devenir nos futurs chiens de compagnie. Le danger rabique, réel mais également utilisé à des fins politiques, limita la complicité avec le chien dont on se méfia jusqu’au début du XX<sup>e </sup>siècle « Quelqu’attachement que l’on ait pour un chien (...) on doit, au moindre soupçon de cette cruelle et effroyable maladie, le séquestrer immédiatement et le sacrifier à la première certitude »[14]. Une émotion forte était certes ressentie pour le chien et son sort ‘j’ai vu ainsi assassiner, à ma porte, un pauvre animal de la campagne’[15], mais elle ne cachait pas une certaine hypocrisie du fait d’un nouveau rapport à la valeur et l’utilité[16].</p>
<p>Les chiens de compagnie bornés ‘à la limite du nécessaire’[17], étaient un luxe, choquant en soi, et que les pauvres n’avaient pas à avoir[18]. Unimpôt, fatal à des milliers de chiens[19] fut institué dans cette logique le 3 mai 1855, les propriétaires préférant tuer leur animal plutôt que de payer (même quand la somme était négligeable). Dans cette course à l’inutile, les chiens utiles étaient mis en avant face aux chiens de salon, là ‘pour l’amusement des femmes[20]’ et jugés peut-être de façon abusive responsables de la diffusion de la maladie[21], les deux types de chiens faisant l’objet d’un clivage économique net et discriminant : 1f 50 (département de l’Orne) pour les premiers contre 6 f à débourser pour les seconds. Néanmoins, l’augmentation de cette taxe ‘jusqu’à la gêne’ n’entraîna pas la disparition de ces derniers malgré leur raréfaction. En effet, de nombreux bourgeois s’accommodèrent de cette taxe, revendiquant le fait que leur chien était un membre de la famille et non un luxe[22], réalité sociale en construction contre laquelle les médecins et les politiques ne pouvaient rien. Le cas de Jousset[23] lui-même qui décrit la barbarie de l’exécution des chiens, dont le sien fut tué par un paysan peut illustrer un talon d’achille canin et l’importance sentimentale nouvelleprise par cet animal, malgré une forte violence de la société, visible dans les propos et les pratiques du médecin [24].</p>
<p>Pasteur invente le vaccin contre la rage en 1885. Il serait intéressant de voir comment le rapport au chien a évolué après cette découverte. Aujourd’hui, pour la plupart des propriétaires, il est inconcevable d’euthanasier leur chien, même s’il est jugé irrécupérable[25].</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>[1] Après la morsure, le virus se propage jusqu’au cerveau. La période d’incubation (symptômes pas encore apparus) est de 15 à 60 jours pour le chien et de 1 à 3 mois pour l’homme. La mort est presque inévitable et survient quelques jours après l’apparition des premiers symptômes</p>
<p>[2] <em>Sur la rage</em>, p.14</p>
<p>[3] P.6 : toute bête inconnue est tuée, ainsi que les chiens jugés ‘fous’ (exemple du lévrier de Jousset épris de liberté)</p>
<p>[4] La rage fut un problème sérieux mais le taux annuel de morts en Angleterre reste négligeable : 0,3 par million d’habitants entre 1860 et 1865et ‘les chiens précisément enragés sont rares’ p.6</p>
<p>[5] ‘le populaire ne pousse pas si loin l’investigation’ ou ‘quelque obscur guérisseur’ p. 6 soulignent l’opposition entre culture scientifique et populaire même si le docteur reconnaît tout de même l’efficacité de certains breuvages ‘un remède infaillible’</p>
<p>[6] Avant l’appariton des symptômes, on pouvait toutefois agir : la méthode héritée de l’Antiquité et évoquée par Jousset est la cautérisation des plaies, encore utilisée au temps de Pasteur</p>
<p>[7] P.6</p>
<p>[8] P.11</p>
<p>[9] K. Thomas, <em>Dans le jardin de la nature</em></p>
<p>[10] Cette loi visait à lutter contre la violence visible faite aux animaux dans la shpère publique uniquement (voir Baldin et la figure du charretier qui maltraite les chevaux), un mauvais exemple pour le peuple</p>
<p>[11] Voir Serna</p>
<p>[12] Jousset parle de personnes violentes qui poussent les chiens à fuir (chiens alors perdus qui pourront être suspectés d’être enragés et tués)</p>
<p>[13] Le lévrier de Jousset aimant la course et trop peu le logis du maître renvoie à ce modèle ancien</p>
<p>[14] Selon un vétérinaire en 1842</p>
<p>[15] P.6</p>
<p>[16] L’affection pour le chien n’est pas plus forte que son coût</p>
<p>[17] P.11</p>
<p>[18] Baldin</p>
<p>[19] Amoncellement de cadavres dans les filets de St-Cloud, livrés à l’industrie qui fait alors des gants en peau de chien (exécutions par pendaison, noyade, au fusil, coup de masse) p.12</p>
<p>[20] P.12</p>
<p>[21] Pour Jousset, au contact direct de la famille et élevé dans des conditons anormales, il serait plus enclin à tomber malade, même si on pourra rétorquer que s’il ne sort pas, il a moins de chances d’être contaminé</p>
<p>[22] Baldin</p>
<p>[23] Même si tout comme Dumas dans <em>Histoire de mes bêtes</em>, il ne s’épanche pas</p>
<p>[24] P.8</p>
<p>[25] Cas d’un Jack Russel qui faisait des crises d’agressivité (observé lors d’un stage à Vet’Agro Sup)</p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[le Comité lyonnais de la Mission Laïque Française]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/322</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19110608">Juin 8, 1911</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/508">Alexandrie, Alexandrie</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/250">Mairie de Lyon, Lyon</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/898">Mission laïque française</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/897">Enseignement français</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/684">Colonisation</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>La mission laïque française est une association créée en 1902, reconnue l'utilité publique en 1907. À son commencement elle avait pour objectif d'exporter dans les colonies françaises une enseignement laïque pour concurrencer celui des congrégations religieuses. A terme elle évoluera vers une objectif d’assimilation et devient donc une œuvre de propagande de la culture française. La mission laïque française envoye des hommes et les femmes oeuvrez afin de fournir aux populations des colonies françaises et étrangères un enseignement qualitatif qui dans leurs mots « élèvera les populations de ces pays ». Ainsi l'association construit des établissements à l’étranger : des écoles primaire, des lycées, pour filles comme pour garçons, afin d’éduquer les peuples.</p>
<p>La Mission laïque est crée par Pierre Deschamps (1873-1958), professeur d’école normale dans la section lettre, il sera nommé par le Général Gallieni inspecteur des écoles à Madagascar. C’est a Madagascar qu’il réalise que l’enseignement diffusé par les organisations étrangères n’est pas adapté aux populations locales et qu’il se doit de créer une organisation qui puisse pallier cela et dans le même temps concurrencer les congrégations religieuses. Pierre Deschamps en fondant la mission laïque française pensait amener un perfectionnement des peuples étrangers et ne voulait pas assimiler un peuple, ce qui est pourtant devenu par la suite l'objectif de la mission laïque française. Pierre Deschamps a fondé une association qui se veut indépendante de l’État.</p>
<p> </p>
<p>Une branche lyonnaise de la mission laïque française et créer en 1909, elle a pour mission « d'encourager les écoles françaises à l'étranger et aux colonies ». Cette branche lyonnaise sera extrêmement active. Nous savons qu'elle fut subventionnée par la préfecture du Rhône dès sa création. Cette demande de subvention fut directement acceptée et s’élève à un montant environnant les 300 francs. Afin d'avoir cette subvention le comité lyonnais se doit dans une lettre adressée au cabinet du Maire, d’expliciter toutes les actions faite par le comité durant l’année et de donner les preuves de ses actions.</p>
<p>Ainsi dans les lettres envoyées nous retrouvons les pièces suivantes : tout d’abord le rapport du secrétaire général sur l’assemblée générale annuelle de la mission laïque française, il est présent dans toutes les lettres adressées au cabinet du Maire. Ce rapport  comprend la localisation de toutes les écoles de la Mission laïque française, la répartition des subventions dans celles-ci, l'évolution des missions et actions entreprises depuis l'année précédente, les nouvelles missions de la mission laïque Française et les acteurs de l’association. Ensuite  sont fournit les copies de numéros de journaux dans lesquelles le comité lyonnais a été notifié pour ses actions. Egalement il y a la copie de pages de programme dans lequel et le comité est notifié au sein des écoles orientales. Sont aussi présent les bulletins de la mission laïque française, ceux-ci récapitulent l‘ensemble des actions mise en place par le comité lyonnais de la mission. Au sein des ses bulletin sont présentés les  photographies des différents établissements qui sont en cours de construction ou des photographies des établissements qui viennent d’être achevés.</p>
<p>Le comité lyonnais de la mission laïque française pour faire connaître cette mission dans la région met en place mensuellement des conférences. Ces conférences ont un but informatif et explicatif, les animateurs de celle-ci expliquent les objectifs de l’association et informent des actions qui sont menées par celle-ci.</p>
<p>Sont également mise en place des congrès, ces congrès suivent un programme précis, ils sont accompagnés d’expositions, qui illustrent le travail effectué dans les colonies et à l’étranger par la mission laïque française.</p>
<p>Le programme des congrès diffère à chaque reprise mais voici un exemple de l’un d’eux : celui ci comporte les quatre points suivant :</p>
<ol>
<li>Les moyens d’associer industrie et commerce dans l’enseignement français laïque à l’étranger</li>
<li>L’extension de l’enseignement laïque français en Extreme Orient </li>
<li>Le rôle de l’école laïque en pays musulman </li>
<li>Le rôle de la langue française et des langues indigènes dans les écoles laïques aux colonies et à l’étranger</li>
</ol>
<p>Ce programme est révélateur de cette volonté de répandre la langue française, la technique française et donc la culture française à l’étranger.</p>
<p> </p>
<p>Nous sommes informé de la création par le comité lyonnais de la Mission laïque française d’un Musée à partir de 1912 et d’un Comité des Dames. Ce Musée est crée à l’initiative de Monsieur Herriot et est déclaré que celui ci « doit être une table continuellement tenu au courant de la situation de l’enseignement français à l’étranger » (Mr Paul Cuminal).</p>
<p>Le Comité des Dames est crée afin de contrôler l’enseignement fournie aux filles au sein des colonies il est dit par ailleurs que son importance est majeur car « l’éducation de la femme est un puissant  moyen de civilisation, le plus efficace peut être de tous », dans la réalité le Comité des dames ne contrôle ni ne donne aucuns enseignements, il se contente de la simple récolte de jouets qui sont ensuite envoyé dans les colonies. Cela n’empêche pas la création d’un second Comité des Dames à Lyon présidé par Madame Herriot en 1914.</p>
<p> </p>
<p>L’ensemble des écoles construites sont, pour la Mission et le comité lyonnais de la Mission laïque française, des « foyers d’extension de la pensée française » et des « centres de développement productif du commerce français ». Cela appuie sur cette volonté d’assimilation, celle que refusait Pierre Deschamps mais qui est tout de même advenue.</p>
<p> </p>
<p>Le Comité lyonnais de la Mission laïque française est celui qui a suscité le plus vif engouement, celui qui a été de plus le plus actif et qui dans toutes les villes de la région lyonnaise et alentours déclarait que « C’est par la propagation d’un enseignement qui ne blesse aucunes croyances, par la diffusion de l’esprit de tolérance que l’on travaillera le plus efficacement à ce développement de l’influence française ».</p>
<p> </p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[Une tentative de réforme institutionnelle après la Première guerre mondiale : le manifeste du Comité national pour la convocation des Etats Généraux, 1923]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/320</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19230223">Février 23, 1923</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/489">11 rue Boissy-d'Anglas, Paris</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/948">Monarchistes</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/256">IIIème République</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/182">Après-guerre</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/894">Manifeste</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/895">Réforme institutionnelle</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/896">Corporatisme</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/953">Pouvoir exécutif</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Le document est une épreuve, portant quelques corrections manuscrites, du manifeste du « Comité national pour la convocation des États Généraux », rédigée au début de l’année 1923. Cet exemplaire fut envoyé au Président de la République Alexandre Millerand par Max Leclerc, l’une des personnes à l’origine de cette publication.</p>
<p>La composition du « Comité national » a de quoi surprendre. Il réunit des monarchistes notoires, dont le plus illustre est sans aucun doute Georges Valois, et des républicains, comme Max Leclerc. Dès les premières lignes du manifeste, ce regroupement disparate est justifié par « la nécessité d’une nouvelle forme d’union sacrée pour la reconstruction nationale ». La mention idéalisée de cette Union, surtout à droite de l’échiquier politique, est une constante des années d’après-guerre. Son expression la plus criante est la Chambre bleu horizon, élue en 1919, qui s’en veut une continuation. Cette nostalgie de l'union reflète les difficultés de la sortie de guerre sur le plan politique, accentuées par les défis de la reconstruction et du règlement de la question des réparations et des dettes.</p>
<p>Le bien maigre espoir d’une restauration monarchique a conduit certains de ses partisans, dont Georges Valois, à la recherche de formules nouvelles[1], leur permettant de trouver, malgré tout, une expression politique audible. Les « États Généraux » s’en veulent une, c’est donc dans cette perspective que peut être abordé le document en question. La possibilité même de ce terrain d’entente entre des monarchistes et des républicains résulte d’une évolution d’une partie significative de ces derniers, qui découvre alors des vertus à l’autorité et envisage, si ce n’est une évolution institutionnelle, au moins des modifications de la pratique gouvernementale[2]. Clemenceau, Millerand et Blum, parmi d’autres, ont chacun à leur manière exprimé un changement dans la culture politique républicaine.</p>
<p>En arrière-plan de ces mutations dont l’on trouve des expressions dans tout le spectre politique, se trouvent la fascination exercée par les théories de Taylor et de Fayol sur l’organisation du travail et la volonté de leur trouver une application dans le champ politique. Fayol est explicitement cité dans le manifeste. L’argumentation sur laquelle il est bâti est particulièrement intéressante, car elle opère une jonction alors nouvelle entre l’invocation du critère de « l’efficacité » en politique et l’antiparlementarisme. Le Parlement n’y est pas décrié pour la qualité des hommes qui le composent (« le Parlement de 1919 est un des meilleurs que la France ait eus »), mais pour son impuissance fonctionnelle, résultant « des institutions, non des hommes », à résoudre les problèmes de l’après-guerre.</p>
<p>Ne pouvant raisonnablement appeler à sa suppression, le Comité se propose alors de le maintenir, tout en le combinant à une institution concurrente que seraient les « États Généraux », « une institution organique où la représentation par corps sera substituée à la représentation individuelle ». Pour éviter de présenter le visage repoussant d’une initiative hostile aux institutions républicaines, qui condamnerait le manifeste à être mort-né, les auteurs fondent toute leur démarche sur la distinction entre, d’une part, la souveraineté (dont ne traiterait pas le manifeste), et, d’autre part, la représentation. Selon eux, cette précaution suffirait à dissiper les doutes quant à l’honnêteté de leur projet, qui n’aurait alors pour seul but que de réaliser « le vœu général des Français », à savoir la représentation des « intérêts réels permanents du pays ».</p>
<p>Derrière cette formulation assez obscure, le Comité envisage l’agrégation des intérêts professionnels, représentés non pas horizontalement (logique de lutte des classes, selon les membres du Comité), mais verticalement (par branche) aussi bien que des intérêts spirituels et moraux (les cultes, les associations de défense de la famille, etc.). Au-delà du souhait de contourner les travers du suffrage universel, le Comité, reprenant parfois telles quelles les thèses développées par Georges Valois[3], vise surtout à proposer une logique d’association et d’entente, contre la lutte des classes, obstacle à la production et source de désordres.</p>
<p>Tout l’intérêt du document résulte aussi de sa nature provisoire, car il est encore en épreuve. Ainsi, les modifications que comporte la version définitive permettent d’envisager les débats et les points de tension au sein du Comité lors de la rédaction. La version définitive comporte l’ajout de paragraphes[4], qui éclairent rétrospectivement l’ambiguïté originelle d’un projet mêlant soutiens et ennemis du régime républicain. Si cette clarification peut apparaître comme décisive, elle fut insuffisante à convaincre dans le camp républicain, qui considéra illusoire l’idée que les États Généraux évacueraient les désaccords politiques, et que le Parlement et les États Généraux seraient en mesure de cohabiter, sans conflit de légitimé et sans affrontement. Au contraire, <em>L’Action Française </em>se mobilisa bruyamment en faveur des États Généraux.</p>
<p>Enfin, l’équilibre au sein du Comité demeura tout à fait précaire et il ne fut pas en mesure de résister à la grave crise financière qui affecta la France en 1924 : les désaccords tus jusqu’alors se réveillèrent et ne lui permirent plus d’agir. De plus, l’idée d’une représentation des intérêts fut reprise par le Cartel des gauches, qui créa en 1925 un Conseil National économique (ancêtre de l’actuel CESE), sans autorité réelle. Les adversaires des signataires du manifeste coupèrent ainsi l’herbe sous le pied du Comité, et participèrent à son décès.</p>
<p>Ce document est ainsi un bel exemple des difficultés rencontrées par les initiatives pour tenter d’adapter les institutions et la pratique politiques aux données nouvelles de l’après-guerre. En particulier, il met en évidence les obstacles encore nombreux qui s’opposent au dégagement d’un espace politique acceptable au sein du camp républicain pour formuler pareilles propositions. Dans ce cas précis, les républicains ayant contribué à ce Comité se retrouvent comme contraints de traiter avec des mouvements qui sont des ennemis du régime en place, à défaut de pouvoir s’associer avec des membres de leur camp. Ainsi, les velléités réformatrices chez les républicains, butant sur la répulsion provoquée par les mouvements ouverts à l’idée d’une réforme institutionnelle. La décennie suivante, au contraire, est plus prolifique en la matière, comme le montre l’exemple d’une personnalité comme André Tardieu.</p>
<p><br /><br /></p>
<p>[1] Guchet Yves, « La campagne pour les États Généraux », dans <em>Georges Valois: l’Action française, le Faisceau, la République syndicale</em>, Paris, Éditions Albatros, 1975, p. 125-136.</p>
<p>[2] Roussellier Nicolas, « Le pouvoir exécutif moderne : un nouveau modèle d’organisation », dans <em>La force de gouverner: le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles</em>, Paris, Gallimard, 2015, p. 411-461.</p>
<p>[3] Théorisées notamment dans<em> L’économie nouvelle</em>, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1919.</p>
<p>[4] En particulier : « Le mouvement doit être dirigé, non vers la destruction d’une institution existante, mais vers la création d’une institution nouvelle par laquelle on fournira à l’État des appuis nouveaux dans le pays […] Les membres du Comité décident de ne pas mettre en cause les institutions politiques, ni entre eux, ni en ce qui concerne leur action collective ».</p>
<p> </p>
<p> </p>]]></description></item>
<item><title><![CDATA[Secours populaire : la place du sport et du bénévolat dans la lutte contre « la nouvelle pauvreté »]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/319</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19980601">June 1, 1998</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/486">Siège du Secours populaire français, Paris</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/889">Coupe du monde 1998</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/420">Sport</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/890">Loi sur l'exclusion</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/886">Marie-Georges Buffet</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/888">Intégration</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/887">Bénévolat</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/885">Convergence</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/884">Secours populaire</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Cette interview de Marie-Georges Buffet, tirée du numéro 173 de la revue <em>Convergence</em> éditée par le Secours Populaire pour le mois de juin 1998 et dédié au sport et à la solidarité, s’inscrit dans le triple contexte du début de la Coupe du monde 1998 organisée par la France sur son territoire, de l’élaboration d’une loi sur l’exclusion et de la réorientation des objectifs du Secours Populaire. Les réponses de la ministre de Jeunesse et des Sports témoignent en creux des orientations nouvelles prises en matière de politique sociale en France depuis le début des années 1980, de l’importance prise par le Secours populaire, devenue au fil du temps l’une des plus grandes associations humanitaires françaises, et de la place nouvelle des bénévoles dans la vie associative.</p>
<p>Magazine du Secours Populaire édité depuis 1981, <em>Convergence</em> prit la suite du journal <em>la Défense</em>. Le titre du magazine ainsi que le nouveau logo du Secours Populaire (un triptyque républicain, avec une main blanche, une aile rouge et une aile bleue), proposé par le collectif Grapus la même année, furent pensés pour mieux correspondre à la refonte progressive de l’association. Satellite du Parti Communiste français à sa fondation en 1936, héritier du Service Rouge International dont la section française fut créée en 1923, le Secours Populaire de France et des Colonies avait pour objectif initial d’apporter son aide aux victimes de la répression - d’abord fasciste puis vichyste et colonialiste -  dans le monde, d’après une vision <em>internationale</em> de la lutte des classes. S’éloignant au fil des décennies de cet héritage communiste, non sans ambiguïté, et se recentrant sur le territoire français, le Secours Populaire français - ainsi nommé depuis novembre 1945 - devint progressivement l’une des plus grandes associations humanitaires françaises et s’écarta de tout agenda politique. L’association s’institutionnalisa, fut agréée d’éducation populaire en 1983, et s’adapta aux nouvelles problématiques de pauvreté, de précarité et d’exclusion qui émergèrent en France dans les années 1980. Axelle Brodiez, dans <em>le Secours populaire français, 1945-2000</em>, explique que l’institutionnalisation se fit concomitamment à l’accroissement de la médiatisation de l’association, rendue nécessaire par la hausse de la concurrence dans l’espace associatif français, elle-même consécutive de la hausse de la précarité en France.</p>
<p>La parution d’un numéro de <em>Convergence </em>consacré au sport la veille du coup d’envoi de la coupe du monde va dans le sens de cette quête de visibilité. Serge Paugam explique que, « pour obtenir la légitimé publique et les subventions de l’État, il faut faire valoir sa volonté de travailler en réseau, de favoriser des actions innovantes compatibles avec la politique publique. Le registre de la dénonciation poussée à l’extrême rend difficile la négociation avec les pouvoirs publics ».  En collant ainsi avec l’actualité sportive et nationale - notamment en posant une question à propos de la très médiatisée loi sur l’exclusion -, en invitant une ministre à exposer son programme, <em>Convergence</em> adoptait ainsi une conduite consensuelle et de circonstance, renforçant et la place de l’organisation dans l’espace médiatique et ses liens avec le gouvernement. La seconde question, « quelle place peuvent prendre les associations de solidarité comme la nôtre ? », révèle cette résolution de se faire une place dans l’espace associatif français.  Le thème du numéro ici étudié et l’identité de l’interviewée, appartenant à un gouvernement de gauche plurielle,  témoignent d’un contexte politique favorable au développement de l’association, de la volonté de ses dirigeants de rompre avec un passé d’opposition systématique, et nous renseigne sur la politique d’ouverture de l’association à l’oeuvre dans les années 1990. Les deux dernières questions de l’interview, qui tournent autour de la place du bénévolat dans la vie associative et, plus précisément, dans le fonctionnement du Secours populaire, correspondent à ce qu’Axelle Brodiez appelle  «le temps des bénévoles ». Dès le début des années 1980, le bénévolat devint la principale force d’intervention humanitaire en France ce qu’Axelle Brodiez justifie par « l’incapacité de l’Etat providence à répondre à la crise ». L’ouverture médiatique du Secours populaire entraina une augmentation du nombre de bénévoles (125 bénévoles en 1989 d’après Axelle Brodiez, et 72000 en 1998 d’après l’intervieweur), agrégés non plus par leur appartenance au communisme mais par la <em>convergence</em> de leurs desseins solidaires. La mission de ces bénévoles fut alors de répondre aux nouvelles problématiques de pauvreté en France.</p>
<p>D’un point de vue social, la France du début des années 1980 fut marquée par les émeutes urbaines dans l’agglomération lyonnaise, les premières en France, qui soulignèrent l’échec de la politique des grands ensembles et fit des « jeunes de banlieue » la cible privilégiée de l’action publique. Dans ce contexte naquit un discours politique sur la citoyenneté et le salut social par le sport, reprenant le mythe d’un sport vecteur par essence de vertus sociales et éducatives, nuancé en 2008 par William Gasparini dans son article <em>L’intégration par le sport.</em> L’interviewée, Marie-Georges Buffet, membre du parti communiste français fut nommée Ministre de la jeunesse et de Sports en juin 1997 au sein du gouvernement de gauche plurielle formé par le premier ministre Lionel Jospin au début de la troisième cohabitation. Sa position sur la dimension inclusive du sport qu’elle développe en réponse à la première question de l’interview témoigne d’une pensée novatrice en prenant à contrepied la doxa d’alors qui faisait du sport un vecteur d’intégration. Avant William Gasparini, elle rappelait à ses contemporains que « le sport n’est pas intégrateur par ‘nature’ » et que « l’insertion par le sport ne peut être efficace que si le sport et l’insertion sont appréhendés comme un processus éducatif et culturel ». Ses réponses illustrent par ailleurs une certaine prise de conscience de l’évolution des problématiques de pauvreté depuis les années 1980. Les émeutes urbaines du début des années 1980 révélèrent la fracture sociale et territoriale dont souffrait le pays. Les « jeunes de banlieue » devinrent alors la cible des politiques publiques et leur intégration une inquiétude nationale. Cette première prise de conscience s’accompagna d’une seconde, plus conceptuelle : le terme de pauvreté n’était plus suffisant pour décrire la « nouvelle pauvreté », on comprit alors le terme de précarité définit par le rapport Wresinski (1987) comme « l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l’emploi, permettant aux personnes et aux familles d’assurer leurs obligations professionnelles, familiales et sociale, et de jouir de leurs droits fondamentaux ». Pour faire face à cette nouvelle question sociale, le gouvernement français travailla sur une loi sur l’exclusion dont Marie-Georges Buffet fit la publicité dans l’interview. Cette loi comprenait un volet qualitatif, centré sur les loisirs et ciblant « les pré-adolescents (11-14 ans) », plus adapté à la nouvelle réalité sociale. On aborda désormais la lutte contre la « pauvreté-précarité » comme un processus éducatif censé renouveler « le modèle français d’intégration » à travers des initiatives durables menées conjointement par le gouvernement et le Secours populaire.</p>
<p><em>La localisation correspond au siège du Secours Populaire (9 rue Froissart dans le 3ème arrondissement de Paris).</em></p>
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<item><title><![CDATA[Le sacre de Henri III à Reims le dimanche 13 février 1575]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/317</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/15750213">Février 13, 1575</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/483">Reims, Reims</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/874">Valois</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/873">Couronnement</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/298">Henri III</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/872">Sacre</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/562">Reims</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/875">Roi</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/866">Guerres de Religion</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Le sacre du dernier roi Valois, Henri III, le 13 février 1575, donne plusieurs éléments à commenter.</p>
<p>D’abord le contexte rend cette cérémonie royale particulière. La mort de Charles IX le 30 mai 1574 met fin à une séquence particulièrement violente des guerres civiles illustrée par le massacre de la Saint-Barthélemy dans la nuit du 24 au 25 août 1572.</p>
<p>Dans ce contexte de tensions religieuses où les grandes familles s’affrontent, le sacre est déterminant. Au sacre de François II, en 1559, les Guises ont eu, en tant que pairs, la préséance sur les princes de sang, symbole de leur influence qu’ils ont conservé pendant le règne de ce roi. Au sacre de Henri III, le rôle des pairs de France laïcs (les anciennes pairies ont disparues ou ont été rattachées au royaume de France) est joué par les différents personnages importants du royaume. Ainsi le duc de Bourgogne est représenté par François d’Alençon, frère du roi, le duc de Normandie par Henri de Navarre ou encore le duc d’Aquitaine par le duc de Guise. L’influence des Grands dans le royaume est donc visible directement dans la cérémonie du sacre.</p>
<p>En juin 1574, Henri III quitte la Pologne (ou il avait été élu roi l’année précédente), son départ ressemble d’ailleurs plus à une fuite. Il retrouve d’ailleurs sa mère à la frontière puis François son frère et Henri de Navarre son cousin à Lyon. Après une étape à Avignon, il arrive à Reims où il est sacré dans la cathédrale Notre-Dame de Reims le dimanche 13 février.</p>
<p>Pour expliquer ce sacre, nous pouvons nous appuyer sur les chroniques qui ont été faites notamment celles de Jaques Auguste de Thou dans son <em>Histoire Universelle</em>. Le volume contenant le récit du sacre de Henri III ne parait pas avant 1607 et l’analyse qu’il en fait doit être comprise dans une logique postérieure au règne de Henri III.</p>
<p>Un des faits importants de la fin de l’année 1574 est la mort de Charles, cardinal de Lorraine à Avignon (Henri III et sa cour s’y trouvent d’ailleurs également). Ce personnage est central dans les guerres de religion notamment pendant le règne de François II ou Charles dirige la France avec son frère, le duc de Guise. Cette mort, en plus de jouer sur le contexte du début de l’année 1575, a aussi un rôle important sur le sacre du roi puisque le cardinal était aussi archevêque de Reims. Jacques Auguste de Thou raconte alors :</p>
<p>« Le roi fut sacré par le cardinal de Guise, car le siège étoit alors vacant par la mort de son frère le cardinal de Lorraine. »</p>
<p>Le successeur de Charles de Lorraine est son neveu, or celui-ci n’a pas encore été ordonné prêtre et ne peut donc pas sacrer le roi. D’après les <em>ordines</em> de sacre, si l’archevêque de Reims ne peut officier au sacre, c’est le doyen des suffragants de la province qui prend sa place, ici l’évêque de Soissons. Mais par dérogation, c’est le frère du défunt prélat, évêque de Metz qui prit sa place ce qui montre l’importance et l’influence de la famille de Guise dans le royaume. Notons néanmoins que lors de ce sacre, c’est l’évêque de Soissons, à qui l’on a quand même laissé cet honneur, qui accueille le roi sur le parvis de la cathédrale, rôle normalement dévolu à l’archevêque de Reims.</p>
<p>Un des autres aspects de la chronique de Jacques Auguste de Thou est la vision qu’il porte, a posteriori sur la cérémonie, comme prémonition du règne désastreux de Henri III. En effet, son histoire universelle ne parait pas avant le début du XVIIè siècle soit bien après la mort de Henri III en 1589. Son règne est alors vu comme désastreux par les contemporains qui lui reprochent le coup de majesté de Blois en 1588.</p>
<p>« Je me souviens que quelques curieux remarquèrent qu’on n’y chanta point le TE DEUM, quoique ce soit la coutume. Cet oubli parut d’un mauvais augure ».</p>
<p>Là encore, les ordines de sacre, mentionnent le chant du TE DEUM et on sait qu’il a été chanté à tous les autres sacres. Jacques Auguste de Thou qui raconte également les sacres de Henri II, François II et Charles IX attribue cet oubli à une prévision néfaste. Cet oubli n’est pas le seul signe interprété par les contemporains comme de mauvais augure. Selon le chroniqueur) Pierre de l’Estoile, le roi se plaint de la couronne qui lui faisait mal à la tête, cette dernière manqua de tomber plusieurs fois comme si elle voulait s’enfuir et cela fut vu comme un mauvais présage.</p>
<p>Le sacre de Henri III, a lieu en février 1575, le roi rentre alors de Pologne et n’est pas encore rentré à Paris. Après le règne de Charles IX qui a vu la violence des guerres de religion atteindre leur paroxysme, les contemporains ont placé beaucoup d’espoirs en la personne de Henri III pour mettre fin à la guerre civile. Cependant, son règne ne comble pas les attentes de ses contemporains notamment après les états généraux de Blois en 1588 où il fait assassiner les Guises. Poignardé par le moine Jacques Clément en 1589, il devient le premier roi de France sacré à avoir été assassiné. Cette mauvaise réputation a sûrement conduit les chroniqueurs comme Jacques Auguste de Thou ou Pierre de L’Estoile qui écrivent bien après les évènements à voir, dans la cérémonie de sacre de Henri III, la prémonition d’un règne désastreux.</p>
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<item><title><![CDATA[Le Comité de l’Union Nationale des Officiers de Complément reçu par le conseil municipal de Paris]]></title>
<link>/AtelierHistoire/index.php/episodes/view/312</link>
<description><![CDATA[<strong>Date:</strong> <A href="/AtelierHistoire/index.php/search/dates/19230226">Février 26, 1923</a><br><strong>Localisation:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/fips/view/441">Paris, Paris</a><br><strong>Tags:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/197">Paris</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/852">Conseil Municipal</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/853">Officiers de Complément</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/854">UNOC</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/855">André Lefèvre</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/949">Louis Peuch</a>, <a href="/AtelierHistoire/index.php/tags/view/950">Raymond Poincaré</a><br><strong>Cours:</strong> <a href="/AtelierHistoire/index.php/courses/view/25">"Humanités numériques 2019,"</a> <a href="/AtelierHistoire/index.php/schools/view/20">Université de Lyon</a><p>Le document présent est une photo datant du 23 février 1923, prise par l'agence de presse Meurisse, à la municipalité de Paris. Sur cette photo on peut voir un certains nombres de personnes, notamment le président du Conseil municipal de Paris Mr Louis Peuch, le directeur du cabinet du préfet de la Seine Mr Roche, le représentant du préfet de Paris Mr Moutardier ainsi que le président de l’UNOC, l’Union Nationale des Officiers de Complément, André Lefevre qui fut en 1920 ministre de la guerre sous le gouvernement d’Alexandre Millerand et qui est le deuxième président de l’UNOC après Raymond Poincaré qui fut président de la République de 1913 à 1920. Il est accompagné des vice-présidents de l’association dont par exemple le commandant Bruchon qui est aussi le président de l’Association des Officiers de Complément de Lyon et de sa région (aujourd’hui AORL), ou encore le commandant Boitelle de Lille, … On sait aussi, grâce au bulletin municipal de la ville de Paris, qu’il y avait à cette réunion des représentants de différentes armées alliées à la France comme le commandant Ezio Gioja pour l’Italie ou encore le Capitaine Dudley Taylor de l’armée anglaise.</p>
<p>Cette photo est prise à l’occasion de la présentation de la « Fédération nationale des officiers de compléments » à la municipalité de Paris. Dans son discours Lefevre présente ses membres comme « des bons citoyens et des hommes solides » mais aussi comme le lien entre le domaine du civil et celui du militaire, en effet les officiers de réserve sont des personnes qui exercent une profession civile mais qui ont aussi une formation de militaire, à travers des exercices militaires réalisés dans les différentes écoles de perfectionnement mais aussi à travers des conférences qui leurs permettent d’être au courant des derniers progrès militaire dans différents domaines comme l’artillerie, l’aviation, la logistique, … mais ces conférences peuvent aussi porter sur les  différentes opérations menés par les troupes de l’active dans tel ou tel partie du globe. Ces hommes sont ainsi prêts, physiquement et moralement, à incorporer les rangs de l’active à tout moment et cela dans le but de défendre leur patrie.</p>
<p>Ces hommes pour être plus efficaces, se réunissent dans des associations qui peuvent être locales, régionales ou encore créées par arme (infanterie, cavalerie, …). Ces associations ont pour but de forger un esprit de camaraderie entre les hommes ainsi que d’uniformiser les entrainements de ces soldats réservistes. Mais pour beaucoup cela ne suffit pas, il faut un organe national pour pouvoir promouvoir et défendre les intérêts des officiers de complément dans toute la France.</p>
<p>C’est ainsi que nait l’UNOC, l’Union Nationale des Officiers de Complément, aujourd’hui l’UNOR (Union National des Officiers de Réserve). Cette union est créé en 1921 et est déclarée comme association le 23 mai 1922. L’UNOC a pour but, comme toutes les autres associations d’officiers de réserve en France, de promouvoir la réserve et de participer au devoir de mémoire. Mais elle possède plus d’influence que les autres associations car en effet celles-ci se sont unies pour créer l’UNOC, et par exemple en mai 1923 sur 169 associations d’officiers de réserve en France 148 sont affilées à celle-ci, ce qui correspond à environ 60 000 personnes, ainsi l’UNOC devient le véritable intermédiaire entre le pouvoir et les officiers de compléments.</p>
<p>L’UNOC a donc beaucoup de poids et grâce à cette « union » des associations des officiers de Compléments, l’UNOC fait parvenir les vœux des officiers de réserve qu’elle représente au ministère de la Guerre. Ces vœux remontent aussi haut grâce aux différents Congrès de l’association qui ont lieu une fois par an et qui chaque année changent de lieu ainsi par exemple en 1922 le congrès a lieu à Versailles mais en 1923, le congrès de l’UNOC a lieu à Verdun. Grâce à ces Congrès, les officiers de réserves ont par exemple réussi à obtenir des avantages financiers comme l’augmentation de la solde lors des stages en école de perfectionnement, la gratuité des train.</p>
<p>Cette association connait un âge d’or avant la Seconde Guerre Mondiale, en 1939 elle comptait plus de 100 000 membres et peu de temps après la Guerre d’Algérie en 1967, l’UNOC est « reconnu d’utilité publique ». Cette union existe toujours aujourd’hui mais elle a moins de pouvoir, en effet elle ne fédère plus que 22 000 membres, mais elle reste un interlocuteur privilégié de l’état-major des armées.</p>
<p> </p>]]></description></item>
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