Abraham Bloch, Grand Rabbin de Lyon

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En 1908, Abraham Bloch (1859-1914) accède au Grand Rabbinat de Lyon. En juillet 1913, il se fait inscrire comme aumônier militaire pour le 14ème corps d’Armée. Il est mobilisé le 1er août 1914 et rattaché à un groupe de brancardiers. Il est tué sur le coup lors de son premier contact avec le feu, par un obus le 29 août 1914. En quelques jours, une anecdote impossible à vérifier transforme sa mort en mythe.

Un soldat mourant, le prenant pour un aumônier catholique, lui aurait demandé un crucifix. Abraham Bloch aurait alors accédé à ses dernières volontés avant d’être lui-même tué. Amplifiée dans la presse et surtout par le chef de file de l’antidreyfusisme Maurice Barrès dans Les diverses familles spirituelles de la France (1917), l’anecdote devient un symbole de « l’Union sacrée ». Le peintre Lévy-Dhurmer s’en empare également et son tableau est reproduit sur des cartes postales. Au-delà du mythe de l’Union sacrée, cette icône est aussi pour Philippe Landau et Muriel Pichon, un symbole de l’apogée du « franco-judaïsme » pendant et aux lendemains de la Grande Guerre. Un monument est installé sur sa tombe à Saint-Dié, un autre non loin du lieu de sa mort à Taintrux le 2 septembre 1934. À Lyon, une rue porte son nom et celui-ci figure aussi sur le nom du monument aux morts israélites au cimetière de Gerland.

Bibliographie

  • Netter Paul, Un Grand Rabbin dans la Grande Guerre. Abraham Bloch, mort pour la France, symbole de l’Union Sacrée (Triel-sur-Seine: Éditions Italiques, 2013).
  • Landau Philippe, Les juifs de France et la Grande Guerre : un patriotisme républicain (Paris: CNRS éditions, 2008).
  • Pichon Muriel, Les Français juifs, 1914-1950 : récit d’un désenchantement (Toulouse: Presses du Mirail, 2009).