Les travailleurs chinois au Parc d'Artillerie de la Mouche à Debourg

Rating: No votes.

En 1917, la République de Chine, très affaiblie face aux puissances occidentales, s'engagea dans le conflit aux côtés de la France et de l'Angleterre. Avant même d'envisager une participation militaire, les pays de l'Entente firent appel à la main-d'oeuvre chinoise, que l'on disait laborieuse, pour pallier l'absence des hommes engagés sur le front. Des travailleurs volontaires furent attirés par des contrats apparemment avantageux et des promesses de bons salaires en Europe. Débarqués à Marseille dès 1916 au terme d'un voyage long et extrêmement éprouvant, ils furent confrontés au mépris, aux privations et à l'exploitation. Leurs mauvaises conditions de vie les exposaient aux maladies et beaucoup perdirent la vie lors de l'épidémie de grippe espagnole de 1918. A Lyon, des travailleurs coloniaux, dont des Chinois, arrivèrent à partir de 1916, et furent répartis dans plusieurs cantonnements, notamment celui du Parc d'Artillerie de la Mouche à Debourg.

Au total ce furent près de 140 000 Chinois qui travaillèrent en Europe, sans que leur pays d'origine n'en retire aucun bénéfice à l'issue du conflit. La Chine refusa d'ailleurs de signer le traité de Versailles qui transférait au Japon les possessions allemandes dans le pays.

Bibliographie

  • Ma Li, Les travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale (Paris: CNRS, 2012).
  • Massard-Guilbaud Geneviève, Des Algériens à Lyon. De la Grande Guerre au Front populaire (Paris: CIEMI-L'Harmattan, 1995).