Colonie des enfants rémois à l'hôpital psychiatrique du Vinatier

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En juillet 1915, l'hôpital psychiatrique du Viantier à Bron se voit confier la mission d'accueillir 250 enfants rémois, forcés de quitter leur ville bombardée. La colonie de ces enfants s'installe sous l’œil attentif des personnalités locales à l'exemple du préfet qui déclare : « Il faut que ces enfants soient bien nourris car ces petits nous sont chers et nous ne demandons qu’à les choyer». De la même façon, Madame Berliet, l’épouse du constructeur automobile, multiplie les dons à l'égard de ces petits Rémois: vêtements, jouets, friandises, films de cinéma, remplissent à chacune de ses visites sa voiture.

Néanmoins, certains signes de détresse psychologique apparaissent ainsi que certaines épidémies: des quarantaines sont imposés et certaines fratries sont séparées. Les cahiers d’écoliers témoignent également de l’alcoolisme du personnel, des punitions jugées trop sèvères, des corvées dans les champs ou dans les ateliers. Par ailleurs, si un parent demande à voir son enfant, tout est fait pour le décourager: certains s’inquiètent alors et exigent un certificat attestant que leur petit est toujours en vie. Lors de l'armistice, 97 petits Rémois demeuraient au Vinatier; ils ne quittèrent Bron qu’en 1921 quand la ville de Reims fut reconstruite.

 

 

Bibliographie

  • "Archives départementales du Rhône, H dépôt Vinatier, L 61 à 68.," .
  • Angleraud Bernadette, Lyon et ses pauvres: des œuvres de charité aux assurances sociales (1800-1939) (L'Harmattan, décembre 2011).