Manifestation pacifiste sur la place Bellecour

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En juillet 1914, lors de la crise austro-serbe, des retraits massifs sont effectués dans les banques et les Caisses d’épargne de la ville alors que la séance à la Bourse de Lyon est nulle. Vers 15h00, l’annonce officieuse de la déclaration de guerre par l’Autriche jette un vent de panique. Des rumeurs de départ des troupes lyonnaises vers la frontière circulent. Alors qu’une manifestation pacifiste est annoncée place Bellecour, le maire Herriot fait placarder un appel au calme dans la ville. Le Progrès parle maintenant clairement des conséquences du jeu des alliances : la guerre qui se prépare alors serait, selon lui le plus redoutable conflit qu’aient jamais vu les hommes. Ainsi peut-on lire dans le quotidien lyonnais la prophétie suivante: "Tous les peuples de l’Europe lancés pour s’affronter avec les armements modernes, sur terre, sur mer et dans les airs; un cataclysme sans précédent dans l’histoire et tel que la raison se refuse à le concevoir".

Le 29 juillet, la manifestation pacifiste se confirme par des affiches placardées en ville. Elle est interdite par la préfeture et le maire fait un nouvel appel au calme. Cependant, arrivant de la rive gauche du Rhône, le cortège de quelques centaines de syndicalistes traverse le pont de la Guillotière. Des cris pacifistes fusent: À bas l’armée ! À bas la guerre ! La foule nombreuse observe et semble soutenir l’intervention policière. Les organisateurs, dont le secrétaire de la Bourse du Travail Michaloud, sont arrêtés et passent la nuit au poste. Le 30 juillet, une nouvelle manifestation est annoncée place Bellecour à l'initiative des fédérations socialistes du Rhône. A 20h30, le candidat à la députation socialiste Marius Moutet, crie À bas la guerre! à trois reprises avant que les 600 à 1500 manifestants ne se dispersent.

Bibliographie

  • "Archives Départementales du Rhône," .
  • "Lyon Républicain," 30 juillet 1914 , .
  • "La Dépêche," 30 juillet 1914 , .
  • "Le Progrès," 29 juillet 1914 , .