Lyon : marraine de l'Aisne dévastée
La délibération adoptée par le conseil municipal de Lyon, le 17 décembre 1917, est historique : la Ville de Lyon s’institue marraine des villes de Laon et Saint-Quentin dans l'Aisne, et prend l’engagement de coopérer à leur réorganisation. C’est la première manifestation du mouvement de solidarité envers les populations des régions dévastées par la guerre et par l’occupation. En ce sens, le 30 juillet 1917, le maire de Lyon Edouard Herriot fait adopter par le conseil municipal une déclaration de principe :« Considérant que les communes françaises qui n’ont pas connu les horreurs de l’invasion se doivent d’aider, dans la mesure de leurs moyens, à la reconstruction des régions dévastées, […] la Ville de Lyon contribuera à la réorganisation des régions envahies ». Pour mettre en œuvre cette solidarité de guerre à l’échelle de la France, Herriot proposait la création d’un vaste syndicat de communes. Ainsi Lyon montrerait l’exemple en venant au secours, non pas de l’une des localités récemment reconquises, mais de Laon et de Saint-Quentin qui étaient occupées par les troupes allemandes depuis plus de trois ans.Quelques jours après la libération de Saint-Quentin et de Laon en octobre 1918, des camions quittent Lyon chargés de vêtements pour les habitants sinistrés de l'Aisne. Puis, à partir de 1921, Lyon commence à financer la reconstruction de ses deux filleules: 150 000 francs furent destinés, par exemple, à la construction de deux dispensaires pour les Saint-Quentinois.
En hommage à sa marraine, la ville de Saint-Quentin nomme l'un de ses groupes scolaires « Ville de Lyon » rue des Glatiniers en 1927. De façon similaire, Lyon a apporté, en 1923, son aide au bourg de Vailly-sur-Aisne. En souvenir de ce parainage , l'on trouve aujourd'hui une rue de Lyon à Saint-Quentin et à Vailly-sur-Aisne. À Laon, c’est un boulevard de Lyon qui témoigne de cette solidarité, nouvelle artère ouverte après la guerre dans le quartier de la gare. Ce boulevard longe, d’ailleurs, la place Édouard Herriot.
Bibliographie
- Comité Lyon – Saint-Quentin, Exposé des travaux et procès-verbaux des séances (1930).
- Marival Guy, "Au secours de l’Aisne : les communes marraines et leurs filleules après la guerre de 1914-1918," Graines d'histoire numéro 8 (Hiver 1999-2000).
- Pierre Seret, "La ville de Lyon, marraine de Saint-Quentin en 1918- L'oeuvre du comité Lyon- Saint-Quentin", http://www.histoireaisne.fr/publications/sommaires/1979.html.


