Oeuvre de secours aux prisonniers de guerre

Rating: No votes.

A la fin de l'automne 1914 commencèrent à arrriver à l'Hôtel de Ville des lettres de soldats, prisonniers en Allemagne, qui racontaient leur dénuement et sollicitaient un peu de pitié. C'était surtout de vêtements dont ils avaient besoin en ce début d'hiver. Avant même la création d'organisations à l'image de La Lingerie du soldat, des lainages furent expédiés vers l'Allamagne. Ensuite, certaines familles lyonnaises eurent l'idée de recourir à la mairie pour faire parvenir, par son intermédiaire, des vivres et des objets de première nécessité à leurs proches tombés aux mains des Allemands. Deux catégories de prisonniers étaient privilégiées : les Lyonnais dénués de ressources et les soldats originaires des régions envahies. Le contenu des colis n'était pas uniforme: après avoir demandé des vêtements, de plus en plus de prisonniers réclamèrent de la nourriture. En 1915, les fournisseurs de l'Hôtel de Ville adoptèrent la composition suivante dont le poids total ne devait pas excéder cinq kilogrammes : un kilogramme de pain, un kilogramme de biscuit, une boîte de légume, 500 grammes de viande, 250 grammes de chocolat, un morceau de savon et une boîte de lait ou de bouillon. Le pain était l'aliment qui avait le plus de succès: soumis à une cuisson spéciale, il arrivait aux affamés des camps dans un état de fraîcheur et de conservation qui le faisait doublement apprécier. L'Hôtel de Ville peut aussi envoyer des livres, triés et contrôlés, et des instruments de musique. En 1918, un journaliste interroge des prisonniers rapatriés ; il s’étonne de leur trouver si bonne mine. « Grâce aux colis ! » répond l’un d’eux. « Sans les colis, nous serions tous morts ». L’œuvre envoya plus 500 000 colis, 391 wagons, pour une valeur dépassant les 5 700 000 francs (environ 9 millions d’euros). Bien qu’elle soit subventionnée par l’Etat, c’est surtout la générosité des lyonnais, les entreprises aussi bien que les particuliers,qui lui permit de fonctionner : ils offrirent plus de vingt millions de francs à l’ensemble des œuvres municipales.

Bibliographie

  • Ehrard Auguste, Les oeuvres de l'Hôtel de ville de Lyon (Rey, 1916).
  • "Le Journal," 23 juillet 1918 , .