Fourvière, les oeuvres religieuses à Lyon pendant la Grande Guerre

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A l'arrière, le clergé organise aussi des oeuvres sociales. Ainsi le père renaisien Auguste Philippe se voit confier une mission en 1913:  représenter le primat de Belgique auprès de cardinal Sevin, primat des Gaules à Lyon. Quand il rejoint son poste, le Père Philippe est ému par la situation des 300 réfugiés belges qui avaient trouvé un asile à Lyon.  En outre, le Père Philippe déborde d’activités dans le domaine social et participe à la création d’un bureau de placement, d'un vestiaire, d'une œuvre de logement et d'une coopérative d’alimentation pour ses protégés. Par ailleurs, le Père Philippe a créé de toutes pièces une nouvelle revue pour les soldats ,« L’idéal sous les armes», qui ne cessa de paraître jusqu’à l’armistice.

Mais la personnalité religieuse la plus célèbre durant la Grande Guerre demeure Monseigneur Sevin, nommé cardinal le 25 mai 1914. Dès les premières heures de la guerre, il dénonce la perversité de l’Allemagne, héritière de Luther et de Kant, et déplore « l’apostasie nationale » des dernières décennies. Néanmois, il affirme également sa foi dans le salut de la France même si sa correspondance révèle en fait son pessimisme accru devant les « passions antireligieuses et antisociales ». Mgr Sevin défend aussi les anciennes immunités des clercs en matière militaire, tout en saluant l’héroïsme patriotique des prêtres et des séminaristes et en s’efforçant de préserver leur identité et de nourrir leur spiritualité grâce au bulletin Le Prêtre aux armées . Il développe parallèlement des œuvres de guerre en invitant les fidèles à soutenir les comités catholiques formés avec l'appui, par exemple, des ligues féminines comme la Ligue des femmes Françaises, créée à Lyon. La L.F.F. tient à la gare de Perrache une permanence qui distribue boissons chaudes et repas aux soldats de passage. En 1916, le préfet Rault salue « le concours le plus loyal et le plus empressé » d’un partenaire peu commode, mais incontournable, de l’Union sacrée.

Les proches, quant à eux, viennent se receuillir, comme on le voit sur la carte postale, à l'intérieur de la basilique de Fourvière devant l'autel de Notre-Dame de Bon Conseil. Entre 1914 et 1916, ils y déposèrent des centaines d'ex-votos.

Bibliographie

  • De Meulemeester Maurice, Le père Philippe: rédemptoriste (1874-1935) (Louvain, 1942).
  • Charvier Annie, Lyon 1900-1920, Mémoire d'hier (Romagnat: De Borée, 2007).
  • Alloing Louis, Vie du cardinal Sevin 1852-1916 (Lyon: Lib. Vitte, 1931).